Rencontre avec Julien Forest, Généraliste 3D Senior – Blizzard Entertainment

Julien Forest 
3DVF – Tu as quitté PDI DreamWorks au printemps 2015, lors de la fermeture de cette branche et de la vague de licenciements chez DreamWorks Animation. Comment as-tu vécu cette période ?

Julien Forest : Quand le studio PDI/DreamWorks a fermé, nous avons tous été choqués. En plus de DreamWorks Animation San Francisco, c’est surtout PDI que l’on fermait. PDI a été l’une des meilleures sociétés de VFX et d’animation de la planète.

La fin de PDI a été un véritable électrochoc. Cette aventure s’est arrêtée net. Certain membres de mon équipe sont restés à San Francisco, la plupart est partie à Vancouver, et quelques-uns comme moi à Los Angeles.
Je n’ai que de merveilleux souvenirs de ces 5 années. DreamWorks a été une expérience hors pair qui m’a apportée beaucoup. C’est un peu grâce à elle si je me retrouve à Blizzard aujourd’hui.
PDI
Ci-dessus et ci-dessous : rassemblement des employés de PDI/DreamWorks, au moment de la fermeture.

 

GoodBye PDI from SIDE FILMS on Vimeo.

3DVF – A l’été 2015, tu es entré chez Blizzard Entertainment : pourquoi ce choix ?

Blizzard a toujours été un rêve, je suis fan de leurs licences depuis le jeu Diablo 2. J’ai passé des heures à voir et revoir leurs cinématiques, qui sont à mon gout ce qui se fait de mieux aujourd’hui. Blizzard est au top de l’industrie du jeu vidéo. Chacune de leurs licences est un carton. Je me suis dit qu’après DreamWorks, c’était parfait pour moi.

Ci-dessous et plus bas : quelques exemples de cinématiques Blizzard Entertainement, sorties avant l’arrivée de Julien Forest au sein du studio.

 

3DVF – Il est trop tôt pour revenir en détail sur tes projets sur place, mais que peux-tu nous dire de ton poste actuel ?

Il est effectivement un peu tôt pour rentrer dans les détails, mais disons que j’ai la grande chance de pouvoir contribuer aux nouveaux projets à venir cette année. Je fais un peu de tout, modeling, texture, lighting, compositing pour le « in-game » et le précalculé. C’est une année très importante pour Blizzard. Je pense que les fans seront comblés.
3DVF – En arrivant chez Blizzard, tu as sans doute fait face à une nouvelle culture d’entreprise, à des méthodes de travail différentes… Quels ont été les plus gros changements ?

La grosse différence est que tous les employés ne sont pas que des artistes ou des développeurs ou des IT qui viennent simplement travailler.
Nous sommes TOUS des joueurs des jeux Blizzard. C’est très difficile de travailler à Blizzard si on n’adhère pas à l’univers des jeux Blizzard. Je pense avoir travaillé dans suffisamment de sociétés pour pouvoir dire que Blizzard a le niveau d’exigence le plus élevé.

Contrairement aux autres développeurs de jeux, Blizzard n’a pas de clients acheteurs réguliers de jeux qui vont jouer occasionnellement. Blizzard n’a que des joueurs extrêmement fans avec une forte attente. Des fans auxquels Blizzard voue un profond respect. Les histoires sont toujours innovantes, toujours nouvelles, graphiquement et qualitativement très hautes. Quand on a cette exigence, on pousse les limites du possible. Toujours et encore.

 

3DVF – Comment vois-tu ton évolution dans les mois/années à venir ?

Je me suis très peu projeté dans ma vie. Jusque là, je n’ai eu qu’un seul mot d’ordre : vivre de ma passion. Toutefois, à la vue des nouvelles avancées technologiques, je me vois évoluer dans cette direction. La réalité augmentée et le VR sont des techniques incontournables dans l’industrie du jeu vidéo et du film. Les dernières démonstrations d’Oculus Rift et de Samsung ont été très remarquées et on est impatient de voir les prochaines lors de la Game Developer Conference (GDC) et à l’E3. Moment décisif.
3DVF – Aurais-tu des conseils pour les étudiants qui nous lisent, et qui voudraient suivre un parcours similaire au tien ?C’est une industrie qui a beaucoup changé. Les budgets sont constamment à la baisse, de plus en plus de concurrence dans le cinéma d’animation, de même que pour le live-action et les jeux vidéo.
Ce sont des marchés qui ont beaucoup évolué. Les produits se commercialisent, sont plus courants et font que les consommateurs sont plus exigeants qu’avant. Les chiffres des films à gros budgets sont différents, la vente des jeux stagne… On ne va pas se le cacher, c’est moins florissant qu’avant ! Mais les Français sont chanceux car ils sont reconnus dans leur travail, ils sont très demandés a l’international du fait de notre formation de qualité. Les écoles sont très bonnes. Notre background artistique est particulièrement apprécié.
Pour en savoir plus

– Le profil LinkedIn de Julien Forest.

Ci-dessous : vidéo mise en ligne par Blizzard à l’occasion des 25 ans du studio.

 

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