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Logorama

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Suite à l’énorme succès du court-métrage Logorama, réalisé par  le collectif H5 et avec l’aide des compétences de Mikros Image, 3DVF revient sur la genèse de ce film hors du commun et sa réception critique.trai

Michaël Nauzin, chef animation chez Mikros Images, a dirigé l’animation sur ce projet, et a accepté de répondre à nos questions.

Ci-contre, de gauche à droite : Pascal Giroux (VFX Producer Mikros image), Michaël Nauzin ( Chef animation Mikros image) et François Alaux (réalisateur), chez Mikros image.
Crédits photo : Nico Rey

Logorama - Oscar

 

 

Le début du court-métrage ; la version complète est disponible sur iTunes pour 2€.

 

3DVF : Michaël Nauzin, bonjour et merci d’avoir accepté cette interview.
Est-ce que tu pourrais pour commencer te présenter et nous rappeler ton rôle sur le projet Logorama ?


MN : Je suis responsable de l’animation chez Mikros Images, et sur Logorama j’ai été responsable de l’animation du début jusqu’à la fin, ainsi que du Layout. Je suis une des personnes qui a bossé le plus longtemps sur ce projet chez Mikros, puisque j’ai été impliqué sur le projet dès les premiers tests.


J’avais déjà travaillé avec les trois réalisateurs sur plusieurs films, je connaissais donc leur travail, on s’entendait plutôt bien. J’ai donc pu servir de relais sur le projet.

3DVF – Comment se sont passées les choses avec les réalisateurs ?


MN : Pour le layout, ils ont été présents tous les jours durant 6 mois. Nous étions 2 ou 3 sur cette partie. Concrètement, nous avions modélisé une ébauche de décor, et on pouvait donc déjà travailler le placement des caméras et leurs mouvements.

Par la suite nous nous sommes vus une fois par semaine, pour qu’ils valident ou non l’animation, et qu’ils puissent indiquer les modifications nécessaires, au besoin.

Bref, nous avons donc été très proches dès le début du projet, ce qui a évidemment créé des liens amicaux, et a fait que le reste c’est bien passé.
En fait, le projet a duré 2,5 ans, étendus sur à peu près 3 ans.

Logorama - Ronald

 

 

3DVF – Monter un tel projet sur 2 ans et demi, c’est assez difficile, non ?


MN : C’est certain que c’est loin d’être évident, mais on a vraiment perçu ça comme une aubaine, dès le début le projet a créé beaucoup d’enthousiasme chez Mikros. De toutes façons, sur un projet comme celui-là, sans une forte motivation on n’y arrive pas !

 

3DVF – Au niveau logiciel, et notamment pour l’animation, quels outils avez-vous employés, et pourquoi ?


MN : Le pipeline Mikros est basé sur Maya, en fait nous avons suivi notre façon de faire habituelle, puisque nous la maîtrisons.


Ce qui a aidé au niveau de l’animation, c’est qu’après la pose du layout, on a obtenu un pseudo montage, et les réalisateurs ont monté ou tourné des scènes pour montrer l’intention qu’ils voulaient faire passer dans telle ou telle scène. Ca nous a permis de gagner beaucoup de temps, on n’a pas eu besoin de tâtonner. Mais ce n’est pas pour autant de la rotoscopie, attention.

3DVF – Les réalisateurs ont indiqué qu’ils avaient utilisé des extraits de films existants pour travailler… Peux-tu nous en dire plus ?


MN : Alors oui, il y avait aussi des bouts de films, notamment pour les courses-poursuites de voitures, on avait des extraits de films américains. Sur 30 ou 40% des plans du court nous avions des références.


3DVF – Comment ça s’est passé pour les personnages ? Pour les logos, on a parfois des références avec animation, mais ce n’est pas toujours le cas (certains logos sont fixes), comment avez-vous décidé de quelle façon ils devaient se déplacer ?


MN : Evidemment ce n’est pas toujours évident : certains logos sans jambes ne sont pas évident à animer, il faut trouver une animation qui rendra les personnages vivants.

Nous avons en fait travaillé à 4 animateurs sur un an et demi. Les réalisateurs savaient précisément ce qu’ils voulaient, et nous essayions aussi d’apporter notre touche au film en donnant des idées, en puisant dans notre culture cinématographique.

 

Logorama - Esso

 

 

3DVF – Est-ce que vous avez eu des problèmes sur des logos particuliers, des moments où vous avez été obligés de dire « non désolé, cette animation sur ce logo, ça ne passe pas, on ne peut pas obtenir un bon résultat » ?
Est-ce que finalement le choix des logos a été contraint par l’animation qu’il y aurait derrière ?


MN : De mémoire, ce qui a été le plus complexe pour nous, c’est le logo Pringles, avec juste une boule et des mains. Trouver une animation crédible a nécessité un gros questionnement : par exemple fallait-ils supposer qu’ils avaient des pieds invisibles, ou faire comme s’ils flottaient ?


Finalement on est restés sur un parti pris assez réaliste en imaginant la présence d’un corps qu’on ne pouvait voir, ce qui a clairement fixé les contraintes et limites pour ce personnage.

3DVF – Est-ce que le fait d’opter pour un parti-pris en cel-shading change quelque chose pour l’animation ? A-t-il fallu accentuer des mouvements ?


MN : Oui, il a fallu accentuer l’animation, on a même quelques regrets ou remords pour certains détails sur lesquels on aurait pu forcer encore davantage.


Les personnages employés ont été un vrai challenge, quand on a un personnage qui se réduit à une bouche noire, des yeux et un contour noirs sur fond blanc, il y a pas mal de détails et expressions qui sont plus difficiles à faire passer.
Mais on a voulu vraiment veiller à éviter de tomber dans l’exagération à outrance, tomber dans le cartoon n’étant absolument pas l’objectif. Nous faisions un court-métrage d’action, pas un Tex Avery !
C’est d’autant plus vrai que les dialogues sont proches de films du type Pulp Fiction.

Logorama-pringles

 

3DVF – Comment se sont passés les échanges avec l’équipe qui a géré le rigging des personnages ?

MN : On a utilisé un setup automatique trouvé en ligne, avec un rigging assez intéressant car si on se rend compte après coup que les joints sont mal placés, on peut revenir en arrière, réajuster les jointures sans perdre tout le travail.

Le setup automatique tend à se développer, voire à se généraliser sur le marché : skinning compris, le setup 100% manuel prend facilement une semaine, 2 ou 3 si on veut vraiment bien faire les choses. Alors qu’avec un outil automatisé, en deux jours on a le résultat voulu.
Après évidemment on a certains setups très simples dans le court, certains logos sont plus simples.

Logorama-survol

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