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Guillaume Noblet




3DVF : Guillaume, parle-nous de ton parcours.


Guillaume Noblet : En 1993 j’intègre pour 3 ans une compagnie de spectacle vivant comme régisseur et manager, puis je mets un pied dans l’audiovisuel ; pubs, clips, téléfilms, longs métrages, toujours en tant que régisseur. En 1997 je rencontre Marc Miance (PDG Attitude studio) sur le tournage d’un projet de pilote de long métrage en 3d « BW Project»; c’était un pilote pour un long métrage en full synthèse, animé en mo-cap avec un traité graphique en noir et blanc sans nuance de gris. Le pilote a été sélectionné pour Imagina 1998 et se fait remarquer (aujourd’hui ce projet est mieux connu sous le nom de Renaissance).

Début 2000, Attitude Studio se constitue, je m’occupe alors du casting des comédiens pour les tournages en motion capture, ainsi que du recrutement des différents techniciens et artistes dont le studio pouvait avoir besoin.

Fin 2002, je décide de partir d’Attitude pour voler de mes propres ailes ; j’avais en tête de m’occuper de différents artistes dans le milieu de l’animation. En 2003 je rencontre de jeunes réalisateurs d’animes, et depuis octobre 2003 je suis agent artistique d’auteurs et de réalisateurs d’animes.

Cela regroupe différentes choses. Dans un premier temps, j’aide les auteurs à développer leurs projets en vue de présenter un document qui permettra de démarcher les différentes productions (plaquettes, bandes demos, bible, etc.) Ensuite, je me pose en tant que représentant légal de ces auteurs auprès des producteurs, et fais toutes les démarches pour aller présenter le projet dans les meilleurs conditions possibles. Ensuite, c’est un travail sur du long terme entre les producteurs et les auteurs et je garde le lien jusqu’à ce que le projet soit acheté par le ou les producteurs.
Il ne faut pas laisser les auteurs dans la nature, aussi je continue de les accompagner jusqu’au début du développement du projet. Il est aussi possible de proposer un service de mise en fabrication du projet, puisque je dispose aujourd’hui d’une base de données d’environ 450 personnes, techniciens, graphistes, infographistes, dessinateurs, illustrateurs etc., qui permet de proposer auprès des producteurs des solutions de fabrication et de compétences humaines adaptées au projet.





3DVF : Etais-tu déjà familiarisé avec les outils de création numérique avant d’intégrer Attitude ?


Guillaume Noblet : Etant féru de jeux vidéos depuis l’arrivée de la console Atari 2600, c’est-à-dire depuis de nombreuses années, j’ai suivi toute l’évolution des jeux en 2D isométrique et le début des jeux en 3D, je pense à Mechwarrior sur Amstrad par exemple.

Sur le plan professionnel, j’ai commencé à travailler en 1997 sur différents projets qui utilisaient le système Vicon. Il s’agit d’un système de motion capture, qui m’a permis de me familiariser par la suite avec les outils d’une chaîne de production numérique.


3DVF : Pour quelles raisons as-tu persévéré dans cette voie ?


Guillaume Noblet : Chez Attitude Studio, je me suis rendu compte qu’il n’était pas simple pour les artistes d’accéder facilement à des studios d’anime pour chercher du boulot, beaucoup d’entre eux avaient un ou plusieurs projets de jeux vidéos, de séries, de longs métrages etc. Et ils rencontraient beaucoup de difficultés à développer leurs projets dans de bonnes conditions et surtout à les faire exister auprès des différentes sociétés de production.

J’ai revu en 2003 certains artistes que j’avais rencontrés, en leur exposant mon idée d’agent spécialisé dans le milieu de l’animation, ils ont été partants. Nous avons ressorti certains de leurs projets et mis à jour leurs bandes démo, nous avons retroussé nos manches et nous nous sommes mis à bosser.



3DVF : Quels sont les éléments qui t’attirent et te fascinent le plus dans l’art numérique ?


Guillaume Noblet : C’est la possibilité de pouvoir raconter une histoire ou de créer des images où la seule limite est notre imaginaire.
Aujourd’hui, ce que je trouve intéressant dans l’industrie de l’image de synthèse, c’est que nous sommes technologiquement très avancés, nous pouvons créer des univers incroyables, raconter des histoires absolument fabuleuses, mais je garde en tête que l’industrie du numérique reste un ensemble d’outils pour réaliser de nombreux projets.


Guillaume Noblet : Il ne faut pas oublier que nous sommes au début de l’ère numérique, il existe aujourd’hui une dizaine de longs métrages d’animation 3D qui ont marqué l’industrie du cinéma d’animation dans le monde. Tout reste à faire surtout en Europe, et nous avons le potentiel pour fabriquer des films aussi ambitieux que ceux de Pixar ou Dreamworks mais la difficulté majeure est de trouver le financement de ces projets souvent très coûteux. L’autre difficulté, c’est la mise en production de ces projets, la chaîne de fabrication de séries ou de longs métrages 3D, qui est très complexe et très coûteuse. Mais en tout cas en ce moment il y a plusieurs projets de séries et de longs métrages en fabrication en France. Je pense au long métrage « Renaissance » et à la série «Skyland» chez Attitude studio ainsi que le long métrage «Arthur» chez la Buff compagnie. Effectivement je suis assez fasciné par tout ce que allons vivre dans les années à venir, c’est aussi pour cette raison que j’ai décidé de promouvoir les differents projets des auteurs et des réalisateurs d’animation que je représente.





Guillaume Noblet : Après la traversée du désert pour certaines industries techniques et numériques, c’est plutôt encourageant d’une manière générale. Beaucoup de projets passent en développement ou en fabrication. Mais les difficultés restent les mêmes pour trouver des financements et produire ces projets ; le plus complexe est aussi de pouvoir garder le contrôle sur la fabrication en France, et malheureusement certains studios ou producteurs n’ont pas d’autre choix que de délocaliser une partie de leurs productions vers l’étranger. Le nerf de la guerre reste encore et toujours l’argent et les délais de fabrication.




3DVF : Parle-nous des projets sur lesquels tu travailles en ce moment.

 

Guillaume Noblet : Il y en a plusieurs. Le premier s’appelle DO .C’est une série pour un public jeune (6-10ans), les auteurs du projet sont Renaud Bellefon, Thibo Redval et Isabelle Botier et c’est un excellent projet à l’attention des enfants! La musique est un concept universel, des chants aux percussions, de la symphonie au rock’n’roll ; la musique est un moyen de communication absolu et sans frontières. L’écriture des notes sur une partition est aussi un langage universel. «DO» fait référence à la musique à travers le visuel des personnages et des décors, à travers leurs coutumes, leur langage, leurs pouvoirs sonores ou encore leur rôle au sein d’Octavia.

C’est une série qui se positionne sur la cible jeune public, elle répond à toutes les demandes artistiques et techniques et, surtout, le coût de fabrication se situe dans le budget d’un coût de fabrication d’une série d’animation 3d européenne.
Je précise que DO n’est pas une série éducative sur l’apprentissage de la musique, nous nous servons d’un concept universel pour créer un univers ludique et original.

 





Pour situer DO :
L’action de “Do” se déroule à l’intérieur d’un piano mécanique, dans la cité musicale d’Octavia. Les habitants du piano sont les notes. Elles entretiennent tous les rouages
du Mécanisme, harmonisent les cordes, vérifient que chaque note de la partition automatique soit jouée, au bon moment, de la bonne façon. A Octavia, il y a une place pour chaque chose, et chaque chose est à sa place. Les clés de Sol sont là pour vérifier que l’ordre règne. Sous la poigne de fer d’Elvire, la plus vieille, la plus mégalomane et la plus puissante des clés, toute la population d’Octavia œuvre pour le fonctionnement du Piano, sans broncher et surtout sans se poser de questions.
Il ne fait pas bon sortir du rang lorsqu’on n’est qu’une note de musique… Do l’accordeur et Dièze le parasite, mus, l’un par la curiosité, l’autre par le désordre, vont mettre le Piano sans dessus-dessous. A la recherche de ses secrets, de ses mystères et, plus simplement, d’aventures.
Ils découvrent les facettes les plus étonnantes comme les plus mystérieuses de leur univers, ils bousculent le quotidien ordinaire de leurs semblables. Avec un humour débridé qui frôle souvent l’absurde, des aventures pleines d’action et de pouvoirs magiques musicaux, et des moments d’émotion et de poésie.

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