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Microsoft rachète Activision Blizzard pour 60 milliards d’euros (MAJ)

Microsoft annonce son intention de racheter Activision Blizzard, ses licences (Call of Duty, Warcraft, Diablo, Overwatch, Candy Crush…) et filiales, qui rejoindront sa branche Microsoft Gaming.

L’accord et en cours de finalisation et se fait pour 95$ par action. Soit près de 70 milliards de dollars au total (environ 60 milliards d’euros), en cash.

Mise à jour : depuis la publication de l’article, de nouveaux éléments ont été dévoilés. En particulier, sur le lien entre l’offre de rachat et les affaires de discrimination/harcèlement, mais aussi sur un possible départ du CEO Bobby Kotick. L’article a été édité en conséquence.
Publication initiale le 18 janvier 2022.

Activision Blizzard, un géant dans la tourmente

Cette annonce intervient dans un contexte difficile pour Activision Blizzard : rappelons que ces derniers mois, le groupe a été secoué face à des révélations de harcèlement sexuel toléré voire encouragé, de harcèlement moral, de discrimination envers les femmes. Pire encore, le PDG Bobby Kotick a été accusé d’avoir été au courant des problèmes internes, sans agir en conséquence.
Nous avions publié un résumé de cette affaire, qui se prolonge encore : le Wall Street Journal avance que 40 employés environ ont été renvoyés depuis juillet, un nombre similaire ayant écopé de mesures disciplinaires.

En parallèle, une pétition exigeant le départ de Bobby Kotick a été signée par environ 20% des équipes (près de 2000 signatures) et rendue publique : une action sans précédent qui montre à quel point la situation est critique.

Un lien entre ces affaires et le rachat ?

Bobby Kotick a donné une interview dans laquelle il explique que le rachat n’a rien à voir avec les affaires qui ont éclaboussé le studio et sur lequel nous revenons plus bas.

Ce ci est contredit par une source de Bloomberg, selon laquelle c’est précisément suite à ces problèmes graves que Microsoft aurait envisagé le rachat, pensant qu’avec cette médiatisation négative et cette pression, Bobby Kotick serait plus susceptibles d’accepter un accord. Kotick aurait d’abord refusé de vendre, et aurait également cherché à voir si d’autres entités pouvaient être intéressées afin de faire grimper les enchères. Mais les déboires d’Activision Blizzard auraient coupé court à la manoeuvre face au reste du conseil d’administration.

Venture Beat avance la thèse inverse, selon laquelle c’est Activision qui aurait approché Microsoft. Autant dire que pour le moment, on manque de certitudes.

Quel avenir pour Bobby Kotick ?

Après ce rachat, la question du maintien ou non de Bobby Kotick à son poste se pose évidemment. Microsoft explique qu’il restera en place, sans évoquer le moindre remplacement pour le moment.

Microsoft se contente d’évoquer un « cheminement vers l’inclusion dans tous les aspects du gaming » à la fois chez les joueuses et joueurs et en interne, sans annoncer de nouvelles mesures concrètes.

Cependant, le Wall Street Journal évoque des sources selon lesquelles en coulisses, Microsoft et Activisions Blizzard se seraient mis d’accord pour pousser Bobby Kotick vers la sortie après la fin du processus de rachat.

Quelles conséquences pour le marché du jeu vidéo ?

Avec ce rachat Microsoft devient le troisième plus gros acteur mondial du jeu vidéo, derrière Tencent et Sony.

Microsoft disposera de 30 studios de développpement interne, sans compter des capacités importantes en édition de titres développés en externe et en esport.

Microsoft précise que son objectif sera de proposer autant de jeux que possible au sein de son abonnement Game Pass, à la fois en nouveaux titres et en s’appuyant sur le catalogue existant d’Activision Blizzard.
De quoi renforcer encore le nombre d’abonnés du Game Pass, qui a déjà dépassé les 25 millions.

Notons que le mobile n’est pas oublié, Candy Crush et son studio King étant affiliés à Activision Blizzard. Microsoft souligne aussi ses intentions sur ce segment, avec une volonté de proposer sur ce type de plateforme ses licences phares.

En bref

Avec cet accord, Microsoft frappe donc un grand coup et bouleverse l’équilibre du secteur.
En parallèle, la confiance explicitement accordée à Bobby Kotick semble fermer la porte à toute idée de son départ, malgré la colère exprimée publiquement par une part importante des équipes.

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