Edmond et Lucy
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MIAM ! animation : une petite révolution en série grâce au temps réel [Annecy 2022]

Nous avons pu rendre visite il y a quelques jours à l’équipe de MIAM ! animation, dans leur studio situé au coeur de Paris.

Si la société est surtout connue pour ses activités de production et distribution (séries Kaeloo et Culottées, entre autres), Miam ! Animation a décidé de se lancer un nouveau défi : la fabrication de séries d’animation… Grâce aux outils temps réel.
Voici le teaser de cette série, Edmond et Lucy, suivie des détails du projet.

Une série tournée vers la nature

Edmond et Lucy s’apprête en effet à débarquer sur la plateforme Okoo, puis à la rentrée sur France 5.
La série vise un public preschool (3-6 ans) et adopte un format 52×11 minutes. Elle est adaptée des albums à succès Edmond et ses amis d’Astrid Desbordes et Marc Boutavant. Elle se focalise sur un petit groupe d’animaux dans la forêt :

Edmond l’écureuil et Lucy l’oursonne sont élevés comme frère et sœur dans un majestueux châtaignier, sorte de cité radieuse de la forêt. Jouer et grandir au cœur de la nature, répondre aux énigmes que celle-ci soulève et vivre des aventures au grand air en compagnie de leur famille et amis : Edouard, papa d’Edmond, Mima la grand-mère, Georges le Hibou, les souris Polka et Hortense, Mitzi la petite chauve-souris et la Chose…  La belle vie !

En pratique, Edmond et Lucy se veut tournée vers la nature, et ambitionne d’éveiller les plus jeunes à la faune et à la flore au fil des saisons.

Cette démarche a été poussée jusque dans l’écriture, puisque l’équipe a fait appel à des spécialistes (ingénieure agronome, naturaliste/ethnobotaniste ou encore membre de l’ONG Under the pôle) pour affiner les thèmes à aborder et de valider les informations données. Le propos reste cependant évidemment léger et adapté au jeune public : les abeilles sont par exemple évoquées dans le cadre d’un épisode mettant en scène une fête du miel avec spectacle costumé.

Unity au coeur du pipeline

L’utilisation du moteur 3D temps réel Unity a permis d’adopter un mode de fabrication novateur, et surtout de disposer de rendus très rapides. Le pilote initial, rendu de manière classique, demandait 25 minutes de rendu par frame en HD. Après un passage sous Unity en 2020, puis le travail qui a suivi, chaque image ne nécessite plus que 1,5s environ, en 4K !
L’étape la plus longue pour le rendu temps réel n’est d’ailleurs plus le calcul du rendu lui-même, explique MIAM !, mais l’enregistrement des images en PNG sur le stockage des stations.

L’équipe nous a proposé une démo concrète de ses outils. Le temps réel est utilisé très tôt avec Board Machine, un outil maison qui permet d’utiliser les éléments 3D pour créer le storyboard. Des captures sont envoyées sous ToonBoom, et permettent de construire les épisodes. Pour autant, l’étape du layout 3D classique reste présente.

A gauche : Hanna Mouchez, fondatrice et dirigeante de MIAM ! Animation
A droite : François Narboux, réalisateur des 52 épisodes d’Edmond et Lucy

La suite de la fabrication se fait d’abord sous Maya : le studio souligne que le manque d’animateurs et animatrices spécialistes de Unity empêche de se passer totalement de la solution d’Autodesk. Unity, de son côté, permet de finaliser les scènes et de générer le rendu final.
A ce propos, MIAM ! animation souligne que son processus implique une phase de « fine tuning » : une fois une scène arrivée à un stade très avancé, les équipes rajoutent des finitions (détails spécifiques à un gros plan, par exemple) et peaufinent le plan, allant même jusqu’à se permettre des modifications importantes comme un changement d’angle de caméra. Là encore, le temps réel permet de modifier les choses jusqu’au dernier moment.

Notons enfin que le montage s’est lui aussi fait sous Unity.

De solides partenaires

Sur ce projet, MIAM ! animation a choisi de s’appuyer sur deux studios qui l’ont épaulé pour la fabrication :

  • Jungler, spécialiste de l’animation situé à Paris ;
  • Artefacts studio de jeu vidéo lyonnais.

Le choix de l’alliance avec un studio de jeu vidéo est atypique en animation, même pour un projet de série reposant sur le rendu temps réel. Mais pour MIAM ! Animation, cette décision était une évidence, puisqu’elle permettait d’avoir un partenaire maîtrisant déjà Unity.

Doté d’un budget de 7,6 millions d’euros environ, la série a bénéficié d’une équipe d’environ 120 personnes dans les trois studios : une quarantaine chez Jungler, une trentaine chez Artefact et une cinquantaine chez MIAM ! Animation, avec évidemment des variations fortes selon l’avancée du projet.

Le temps réel, un atout pour la planète ?

Dernier point souligné par MIAM ! Animation : la technique au service du fond.

En effet, le studio explique que l’utilisation du temps réel a permis de drastiquement réduire la consommation énergétique par rapport à du rendu précalculé classique, et donc de limiter l’impact carbone associé.

En se basant sur des estimations de Workflowers, MIAM ! Animation estime que chaque épisode de 11 minutes aurait nécessité de l’ordre de 0,15kg de CO2 pour le rendu, contre au moins 336kg pour du rendu classique.
Ces chiffres restent cependant une estimation qui sera confirmée et complétée : MIAM ! Animation souhaite faire un bilan carbone complet a posteriori.

Cette volonté de séries animées plus sobres sur le plan énergétique et écologique cadre aussi avec les objectifs de France Télévisions en matière de décarbonation. On peut donc s’attendre à voir de plus en plus de studios adopter le même chemin.

Prochaine étape : Annecy !

Avant la diffusion de la série sur la plateforme Okoo dès le 2 juillet puis sur France 5 à la rentrée, MIAM ! Animation va tout d’abord présenter Edmond et Lucy au Festival d’Annecy :

  • MIAM ! Animation disposera d’un stand (B.14) au MIFA, et une partie de l’équipe fait le déplacement dont Hanna Mouchez, dirigeante et productrice exécutive, ainsi que le réalisateur de la série François Narboux.
  • le jeudi 16 juin à 9h, dans le cadre d’une conférence « Libérer les talents et la création : un enjeu clé pour l’animation« , François Narboux reviendra sur la genèse du projet.

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