Guerlain 2021
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Duck Factory : retour sur deux spots de Noël hors du commun

Nous vous avons proposé il y a quelques jours une interview du studio Duck Factory autour de leurs projets en production virtuelle.
En complément, voici également quelques informations sur deux autres projets du studio, réalisés pour les fêtes de fin d’année. Pas de murs de LED ici, mais ces deux publicités méritent le détour en raison de leurs contextes de production : des contraintes spécifiques auxquelles il a fallu s’adapter.

3DVF : Quelques mots sur votre projet Guerlain, destiné aux fêtes de fin d’année 2021 ?

Jérôme Bernard (fondateur et gérant de Duck Factory, réalisateur, producteur) : Les principaux défis sont venus des multiples abeilles et surtout du rendu du verre sur certains objets. En fait, le client est venu avec de nombreuses photos issues de leurs propres shoots, et ils voulaient se rapprocher le plus possible de ces références. Cela a été d’autant plus difficile que les photos avaient été retouchées : le comportement du verre sur leurs images n’était donc pas physique. La question se posait aussi sur les reflets : entre la cohérence physique (refléter l’environnement de la ruche et les éléments mobiles) et les références shootées dans des studios très propres, statiques, il y avait un gros écart.

https://vimeo.com/610560650


Au final on a pu trouver un entre-deux qui leur convenait. On aurait évidemment pu rendre les objets dans un environnement studio, et mixer avec la ruche, mais ça aurait été plus complexe en terme de deadline : Guerlain a un processus de validation très long, on commence à travailler sur les films en janvier pour une livraison en septembre.

3DVF : A ce point ? C’est une durée très conséquente…

Jérôme Bernard : Oui, c’est lié au groupe lui-même : en mars, Guerlain réunit ses équipes de comm, chacune montre ses projets de l’année, et il faut déjà avoir un teaser pour le film de Noël.
Et du coup, il faut commencer plus tôt, pour bien poser la direction artistique.
En théorie, la publicité est bouclée pour le mois de juin, mais les projets de ce type sont des grosses machines, les agences sont très pointilleuses, le client a de multiples strates de validation : c’est ce qui explique la durée, pas la technique. Si on faisait le projet en solo, ça prendrait deux, trois fois moins de temps.
Mais ce n’est pas un reproche : le niveau d’exigence est très intéressant, et la directrice artistique maîtrisait totalement les choses, ne nous a jamais emmenés vers une mauvaise piste.
L’important sur ce type de publicité est donc de bien maîtriser la gestion de projet et le planning. Cela demande une grande implication et des efforts, mais ça reste passionnant.

3DVF : Les problématiques étaient-elles similaires pour le projet Printemps, lui aussi destiné aux fêtes de fin d’année ?

Jérôme Bernard : Pas du tout, car nous étions en direct avec le client, et nous avons gardé uniquement la réalisation.
Ici, il a fallu bien préparer le film, bien ficeler le storyboard après avoir verrouillé le nombre de décors et personnages selon le budget alloué.

Ensuite, ce sont essentiellement des échanges avec le studio Reepost qui assurait la fabrication, des validations régulières.
La direction artistique était une difficulté, car le client nous a demandé de coller au design de vraies poupées présentes dans les vitrines de Noël du Printemps… Or ce ne sont pas des designs pensés pour l’animation, d’autant plus que l’on proposait plutôt de partir sur quelque chose « à la Pixar » au départ, du design tout en rondeurs, de grands yeux, alors que ces poupées ont un design très fin, très « sec », ce qui ne marche pas vraiment en 3D.

La problématique était donc l’équilibre entre la demande du client qui voulait vraiment coller aux poupées, et le fait de leur expliquer que le passage à l’animation aurait un impact sur le rendu visuel.
Sur l’animation proprement dite, on aurait aimé aller plus loin, mais nous devions prendre en compte les contraintes de budget, on ne pouvait pas se permettre de pousser les choses à un niveau Pixar !
Au final on est satisfaits de la direction artistique, du lighting, de la reproduction de Paris. Le film fonctionne, Reepost a fait un super travail. Très bonnes relations avec eux, ils ont de bonnes équipes, ont joué le jeu.


N’hésitez pas à consulter notre interview du studio Duck Factory pour plus d’informations sur d’autres de leurs projets, dont des spots pour l’Agence Spatiale Européenne avec production virtuelle/mur de LEDs !

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