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Les Matermittentes : être intermittente et mère, source d’injustices

Matermittentes

Les intermittents du spectacle ont manifesté hier leur mécontentement à Paris, et des employés de plusieurs studios d’animation et de post-production ont lancé une lettre ouverte au Ministre du Travail. En parallèle, un sujet sur le forum 3DVF a été le lieu d’échanges sur le sujet.

En parallèle des revendications principales du mouvement, le collectif des Matermittentes a publié fin mai une lettre ouverte spécifique au Ministre du Travail François Rebsamen, qui vise à régler un autre problème : les conditions problématiques dans lesquelles les intermittentes doivent prendre leurs congés maternité et arrêts maladie.

Les Matermittentes dénoncent une injustice aux multiples visages :

– Certaines intermittentes ne perçoivent pas d’indemnités journalières de la sécurité sociale durant leur congé maternité. En cause, selon le collectif, des « dispositions inappliquées ou inadaptées ». La conséquence est une absence totale de revenus durant leur congé.

– Le premier point a lui-même d’autres effets négatifs : l’absence de revenus fait que le congé maternité n’est « pas pris en compte dans l’ouverture des droits à l’ARE [Allocation d’aide au retour à l’emploi, NDLR] de Pôle Emploi ». Conséquence, toujours selon le collectif : les femmes concernées « perdent leurs droits aux régimes d’indemnisation à l’assurance chômage dont elles dépendaient avant leur congé ».

– Les Matermittentes soulignent également que même lorsque le congé est indemnisé par la sécurité sociale, les femmes qui se réinscrivent ensuite à Pôle Emploi touchent des aides d’un montant très inférieur à celui perçu avant leur congé.

Le combat des Matermittentes n’est pas nouveau : le collectif lutte depuis 4 ans pour mettre fin à ces problèmes. En 2010, le Défenseur des Droits, saisi par le collectif, avait explicitement conclu qu’il y avait discrimination en raison de l’état de grossesse. Des recommandations avaient été adressées à l’UNEDIC et au Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé. Malgré un courrier de l’UNEDIC en 2011, qui s’engageait à améliorer la situation, les Matermittentes regrettent que concrètement, rien n’a changé.

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Banderole lors d’une manifestation des Matermittentes, en 2010

Pire : selon le collectif, non seulement la nouvelle Convention ne règle pas le problème de la prise en compte du congé maternité pour l’ouverture des droits à l’ARE, mais en plus les indemnisations différées prévues dans cette Convention vont augmenter la durée durant laquelle les femmes ne toucheront aucun revenu de remplacement. Les Matermittentes soulignent aussi que le congé, s’il a été indemnisé par la sécurité sociale, « a un impact négatif sur le calcul de la période de référence et le montant de l’allocation d’assurance chômage ».
Pour les Matermittentes, la nouvelle convention constitue donc une discrimination envers les femmes enceintes.

Enfin, le collectif souligne que le problème ne touche pas que les femmes en congé maternité : les salariés en arrêt maladie ne « verront pas non plus leur congé maladie pris en compte dans leur réouverture de droits à l’ARE, si celui-ci n’a pas été indemnisé par la Sécurité Sociale ».
Les pères qui voudraient prendre un congé paternité, eux, le feront « dans les mêmes conditions que le congé maternité, sans pour autant que [leur] congé ne soit pris en compte à raison de 5H/j par Pôle Emploi, comme c’est actuellement le cas pour la maternité ».

La lettre ouverte se conclut par un appel au Ministre afin qu’il organise une concertation entre partenaires sociaux. L’objectif, mettre en place une Convention qui règle les problèmes soulevés plus haut.

Si vous avez vécu, directement ou indirectement, les problèmes dénoncés dans la lettre ouverte, n’hésitez pas à en faire part dans les commentaires.

Pour en savoir plus :
– La lettre ouverte du collectif, publié le 30 mai 2014 ;
– Le site des Matermittentes ;
– La page Facebook du collectif.

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