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Royaume-Uni : incitations fiscales pour l'animation et les jeux vidéo

Comme en écho au projet en cours visant à limiter les aides et avantages fiscaux accordés au cinéma, Londres annonce à nouveau son intention de soutenir son industrie créative.

George Osborne, Chancelier de l’Échiquier (ministre chargé des finances et du trésor, au Royaume-Uni), a en effet indiqué dans sa présentation du budget 2012 que les secteurs de l’animation, des séries télévisées et du jeu vidéo auraient droit à des avantages fiscaux similaires à ceux du cinéma, avec un crédit d’impôt qui devrait s’élever à 20 ou 25 %. Il a rappelé au passage l’engagement du Royaume-Uni de conserver ses aides particulièrement généreuses envers le cinéma, maintenues au moins jusque fin 2015 : plusieurs centaines de millions d’euros seront directement affectées à cette initiative.

Pourquoi ces nouvelles aides ?

Une telle annonce semble détonner au milieu de l’ensemble du budget, clairement axé sur la rigueur (comme le souligne Challenges), mais se justifie par les résultats obtenus jusqu’ici. Hollywood Reporter indique que les investissements internationaux (et en pratique très largement liés aux films produits par des studios américains) dans le secteur du cinéma ont dépassé un montant record : 1,12 milliard d’euros fin 2010, avec une hausse de 15 % par rapport à 2009. Le gouvernement britannique entend donc bien répliquer ce succès dans d’autres secteurs du divertissement.
Le système d’allègement d’impôts pour l’animation et le jeu vidéo pourrait entrer en vigueur dès le mois d’avril 2013.

Cette initiative a apparemment été taxée de « niche fiscale Wallace et Gromit » (Wallace and Gromit tax break) par certains journaux d’outre-Manche, faisant référence au fait que les studios Aardman ont très largement soutenu et fait campagne pour ces aides, notamment via un appel sur le site AnimationUK.org. Comme on l’entend dans la vidéo, George Osborne a d’ailleurs directement indiqué qu’il comptait bien faire en sorte que Wallace et Gromit puissent rester où ils se trouvent.

Quelles conséquences au Royaume-Uni ?

Sans surprise, l’ensemble des acteurs locaux de l’animation, de la télévision et du jeu vidéo, institutions comme entreprises, ont accueilli la nouvelle positivement.

Le Guardian a donné quelques chiffres sur la situation actuelle, et des estimations des conséquences en termes d’emplois et investissements :

– Du côté de l’animation, le secteur pèse plus de 360 millions d’euros annuels, et emploie directement 4 700 personnes.

– Le jeu vidéo, de son côté, emploie de l’ordre de 9 000 personnes au Royaume-Uni, dans 300 studios. Le UKIE (UK Interactive Entertainment), organisation syndicale professionnelle du jeu vidéo au Royaume-Uni, estime que ces aides pourront créer 4 700 emplois directs et indirects, et augmenter le PIB de l’ordre de 230 millions d’euros.

– Enfin, pour la télévision, un groupe de producteurs de séries évoque le chiffre de 420 millions d’euros dépensés en plus au Royaume-Uni dans ce secteur.

Bien entendu, les estimations de chiffres d’investissements et emplois futurs sont à prendre avec précautions, d’autant plus qu’ils proviennent de groupes ayant tout intérêt à présenter des estimations généreuses plutôt que pessimistes.

Quelles conséquences dans le reste du monde ?

Reste désormais à savoir quelles seront les réactions, notamment aux USA : les studios américains qui ne voyaient déjà pas forcément d’un très bon oeil la fuite de projets vers Londres risquent fort de ne pas voir les choses aussi positivement que leurs confrères britanniques.

Il sera également intéressant de suivre les réactions éventuelles du reste de l’Europe et, côté français, des candidats en lice pour la présidentielle.

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