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Piratage de Sony Pictures : le FBI accuse officiellement la Corée du Nord

Mise à jour du 19 décembre : le FBI vient de déclarer officiellement « avoir assez d’informations pour conclure que le gouvernement Nord-coréen est responsable » des attaques.
Le FBI indique avoir travaillé avec d’autres agences et ministères américains pour parvenir à cette conclusion, mais précise qu’il ne partagera pas le détail des preuves sur lesquelles repose son enquête. L’agence évoque seulement « des similitudes entre lignes de code spécifiques, algorithmes de chiffrement, méthodes de suppression des données et réseaux compromis ».

Au cours d’une conférence de presse, le président Obama a regretté le choix de Sony d’annuler la sortie du film The Interview. Il a insisté sur la nécessité d’anticiper ces attaques à tous les niveaux, et affirmé qu’il ne fallait pas céder à des menaces du type de celles reçues par Sony. Il a précisé qu’aucune preuve n’indiquait que la Corée du Nord avait travaillé avec un autre Etat.
Obama a évoqué une « réponse proportionnée, à un moment et un lieu que nous choisirons » : il n’annonce donc aucune mesure concrète à l’heure actuelle. Son regret de la décision prise par Sony, son insistance sur la prévention et sur le fait que Sony soit une société privée font penser que l’éventuelle réaction  américaine sera minime.

De son côté, la Corée du Nord a officiellement démenti toute implication.

Publication initiale du 18 décembre :

Nouveaux rebondissements dans l’affaire du piratage de Sony Pictures (voir notre résumé de l’affaire) : Sony a cédé aux menaces, et des officiels américains indiquent avoir la preuve de l’implication de la Corée du Nord.

The Interview

Sony annule le lancement de The Interview

En début de semaine, les pirates avaient menacé publiquement : des attentats auraient lieu dans les cinémas américains qui joueraient la comédie The Interview, qui se moque du dirigeant Nord-coréen Kim Jong-Un.

Face à cette menace, les cinq plus grosses chaînes de salles cinéma américaines ont annoncé hier soir qu’elles ne projetteraient pas le film : Regal Entertainment, AMC Entertainment, Cinemark, Carmike Cinemas et Cineplex Entertainment.
Cette décision a été prise avec le soutien de Sony, qui leur avait indiqué que quelle que soit leur décision concernant le lancement, le studio la soutiendrait.
D’autres demandaient un décalage du lancement.

Face aux salles de cinéma qui préféraient jeter l’éponge, Sony Pictures a ensuite annoncé, hier en fin de soirée (heure française), sa décision d’annuler la sortie prévue le 25 décembre.
Voici le communiqué du studio :

In light of the decision by the majority of our exhibitors not to show the film The Interview, we have decided not to move forward with the planned December 25 theatrical release. We respect and understand our partners’ decision and, of course, completely share their paramount interest in the safety of employees and theater-goers.
 
Sony Pictures has been the victim of an unprecedented criminal assault against our employees, our customers, and our business. Those who attacked us stole our intellectual property, private emails, and sensitive and proprietary material, and sought to destroy our spirit and our morale – all apparently to thwart the release of a movie they did not like. We are deeply saddened at this brazen effort to suppress the distribution of a movie, and in the process do damage to our company, our employees, and the American public. We stand by our filmmakers and their right to free expression and are extremely disappointed by this outcome.

A notre connaissance, la décision s’appliquera également à l’étranger.
Il reste au film la possibilité de sortir en vidéo à la demande, mais Sony Pictures ne semble pas pressé de faire une telle annonce. Un porte-parole a indiqué à CNN qu’il n’y avait « pas d’autres plan de lancement » pour le film.

Rappelons que le budget de production du film s’élève à 44 millions de dollars, sans compter les dépenses en marketing. Les pertes pour Sony Pictures sont donc énormes.

Corée du Nord

La Corée du Nord serait bel et bien derrière les attaques

Dernier rebondissement : plusieurs médias américains, dont la chaîne CNN (suivie par d’autres télévisions et journaux) indiquent que selon des sources issues des autorités américaines, des hackers travaillant pour la Corée du Nord seraient bel et bien derrière les attaques. L’hypothèse avait très tôt été évoquée, mais les preuves manquaient. Le gouvernement américain semble désormais les avoir obtenues, même si on ignore quels éléments ont été découverts récemment.

Selon le New York Times, des membres haut placés de l’administration américaine lui ont confié que la Maison Blanche discutait désormais de la marche à suivre, et en particulier de savoir si les USA devaient accuser officiellement et publiquement la Corée du Nord.

A noter, même si la Corée du Nord a financé les attaques, il est tout à fait possible que les pirates eux-mêmes ne soient pas Nord-coréens. Leur identité ne semble, pour l’heure, toujours pas connue.

La décision d’accuser officiellement le régime de Kim Jong-Un est un sujet hautement sensible. Si le gouvernement américain annonce que la Corée du Nord est responsable de l’attaque, et donc de la perte de dizaines de millions de dollars pour Sony Pictures (sans compter les employés affectés au passage), le pays se doit de réagir.
A l’opposé, une accusation publique pourrait compromettre certains processus diplomatiques, tels que le retour de citoyens japonais kidnappés par la Corée du Nord.
A ce stade, il est donc trop tôt pour savoir si les USA comptent lancer des représailles, et si oui, lesquelles.

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