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Interview 3DVF :
MATTHIEU GROSPIRON - Lightning Artist (page 1/3)
3DVF
: Merci Matthieu d'avoir prit le temps de répondre à nos questions.
Pour commencer, peux- tu te présenter à nos lecteurs ?
Matthieu Grospiron : Je m’appelle Matthieu Grospiron et je
travaille en ce moment chez Dreamworks où j'y exerce la fonction de
« lighting artist. J’ai commencé à travailler dans la « synthèse »
en 1989 sur une multitude de petits projets qui sont devenus de plus
en plus importants au fil des années et de mes pérégrinations dans diverses
sociétés et pays.
3DVF
: Peux tu expliquer à nos lecteurs quel est le rôle du lightning artist,
et à quel moment de la production il intervient ?
Matthieu Grospiron : Littéralement notre job est d'éclairer
la scène. C'est à dire que lorsque nous commençons sur un plan les éléments
qui existent sont bien évidemment les modèles, la camera, l'animation
et les textures. Par contre si nous calculons le plan dans l'état ou
nous le recevons il en ressortira des images noires. Donc nous intervenons
après l'animation, une fois que le plan et plus globalement la séquence
sont validés par le Réalisateur. En contact étroit avec le Production
Designer, Directeur Artistique et les superviseurs nous éclairons les
dits plans. Par la suite nous composons les différents éléments, calques
ou layers. Donc nous amenons le plan jusqu’au bout. Parfois l'équipe
de finalling ou du paint-fix, vient corriger un ou deux petits détails
qu'il serait trop complique de régler en 3D. Au-delà de ces aspects
techniques l'idée est bien évidement de produire le plus bel éclairage
possible tout en restant très attentif à la continuité.

3DVF
: Quel a été ton parcours scolaire ?
Matthieu Grospiron
: J'ai assez tôt formé un goût pour l'image et après avoir
passé mon Baccalauréat j'ai suivi une formation d'illustrateur à l'école
Emile Cohl parallèlement à un DEUG d'histoire de l'art. Au cours de
la troisième année, Emile Cohl proposait un atelier ou j'ai eu un premier
contact avec l'image informatique. Il s'agissait d'Amigas ou il fallait
se battre avec 256 couleurs et de tout petits formats. Cela a néanmoins
suffit à faire naître une passion pour ce tout nouveau médium.
3DVF : Comment
as-tu découvert les effets spéciaux et l'art numérique ?
Matthieu Grospiron
: Tout ça c’est fait autour de mes vingt ans quand le film
« Tron » est sorti puisque j’ai pu découvrir les travaux de
Robert Abel qui était vraiment un pionnier de l’image de synthèse. Je
me souviens d’une courte séquence ou l’on voyait un troupeau de dinosaures
chromes courir accompagne par un mouvement de camera complètement vertigineux.
Je crois que c’est ce court clip qui m’a décidé à aller vers cet outil
qui promettait une infinité de possibilités.
Ensuite j’ai vu un film qui s’appelait Young Sherlock Holmes ou le héros
est à un moment pris d’hallucinations et voit littéralement le vitrail
se déformer puis libérer le chevalier en armure qui y était représenté.
C’était fascinant de voir cette nouvelle technologie qui donnait une
représentation moyenâgeuse et religieuse d’un chevalier constitue de
pans de verre bondir de plusieurs dizaines de mètres puis s’avancer
vers nous, menaçant. Historique ! Le génie de John Lasseter et
de ses « Luxo Junior » et « Tin Toy » a fini de
me convaincre.
3DVF : Suite à cette
prise de conscience, quels ont été tes premières expérience professionnels
?
Matthieu Grospiron
: J'ai commencé à travailler en 1988 d'abord dans un studio
d'animation 2D informatisé, puis très rapidement chez Thomson Digital
Image qui venait de se rapprocher de la Sogitec. A l'époque formé sur
Explore je suis devenu Free-Lance pour Ex Machina, Fantôme, VidéoSystem-MediaLab,
Mikros-Image, le Département d'Image Numérique au Centre National de
la Bande Dessinée et de l'Image (CNBDI).
Pendant ces années la je faisais beaucoup de modeling et très peu de
rendu. Je travaillais la nuit pour laisser les machines disponibles
aux artistes déjà confirmés. Puis peu à peu on m’a demandé de faire
de plus en plus de chose...
J'ai ensuite passé
quelques mois en Corée du Sud pour travailler sur un film réalisé entre
Séoul et Paris. Puis j'ai pour le compte de PixiBox et ce pendant 2
ans, mis en place la partie 3D du premier studio 3D de Saigon au Vietnam.
Ce studio fut ultérieurement racheté par Sparx's. A mon retour à Paris
en 1996 je rejoins Ex-Machina ou pendant encore 2 ans je travaille essentiellement
sur les projets grands formats. Ensuite je pars pour San Francisco et
Industrial Light and Magic ou j'ai la chance d'éclairer sur le début
d'une saga qui a marqué mon enfance : Star Wars Episode One.
Apres cette première expérience très impressionnante, je signe avec
Pacific Data Images et pendant 18 mois éclaire sur Shrek. A mon retour
en France courant 2001 Duran m'a proposé la supervision de l'éclairage
du film de Bilal. Un deuxième rêve de gosse (j’ai toujours beaucoup
aimé Bilal) qui se transforme en 27 mois de bagarre quotidienne pour
un film très poétique et que j’aime beaucoup.

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